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Medical laboratory technician holding a set of sterile disposable instruments
Dans le secteur de la santé, le plastique est omniprésent. Masques, gants, tubulures, seringues, plateaux, blouses jetables, dispositifs médicaux : il est synonyme de stérilité, de sécurité, d’efficacité. Mais ce confort sanitaire apparent a un revers dramatique. Car ce même plastique, conçu pour soigner, pollue notre environnement et menace, à long terme, notre propre santé. Le paradoxe est là : l’outil de soin devient source de risque.
Microplastiques et perturbateurs endocriniens : la menace invisible
Le plastique ne disparaît jamais. Il se fragmente. Et ces fragments, les microplastiques, sont désormais retrouvés partout : dans les océans, dans le lait maternel, dans le placenta, dans notre sang. Certains dispositifs médicaux ou contenants alimentaires utilisés dans les établissements de santé contiennent aussi des phtalates, du bisphénol A ou d’autres perturbateurs endocriniens connus pour interférer avec notre système hormonal.
Les effets ? Une augmentation des troubles de la fertilité, des cancers hormonodépendants, des troubles du développement chez l’enfant, des atteintes du système immunitaire. Et ce n’est pas seulement un problème humain : la faune marine, les sols, les chaînes alimentaires entières sont touchés par cette pollution plastique qui menace les équilibres écologiques essentiels à notre survie.
Un coût économique considérable pour la France
L’impact du plastique ne se limite pas à la santé et à l’environnement : il pèse aussi lourdement sur nos finances publiques. En 2023, la France a versé une pénalité de 1,6 milliard d’euros à l’Union Européenne pour ses déchets plastiques non recyclés – Carnet des tendances
Ce montant est lié à la fameuse « taxe plastique » européenne : chaque pays doit payer 0,80 € par kilo d’emballages plastiques non recyclés. Cette taxe vise à inciter les États à améliorer leur gestion des déchets et à accélérer leur transition vers des matériaux durables – Carnet des tendances
Dans un secteur hospitalier déjà confronté à des défis budgétaires immenses, ces milliards pourraient être bien mieux investis : dans la prévention, la qualité des soins, ou l’adaptation aux changements climatiques. Au lieu de quoi, nous payons pour notre inaction.
Quelle solution ? Une étude nationale ambitieuse et structurante
Il est temps d’agir. Et cela commence par la connaissance. La première étape doit être le lancement d’une grande étude nationale sur les plastiques à usage unique dans le secteur de la santé.
Cette étude devrait :
- Cartographier les usages dans tous les services : soins, restauration, laboratoire, blanchisserie, logistique.
- Identifier les matériaux alternatifs déjà disponibles ou en développement (biosourcés, recyclables, réutilisables).
- Évaluer les possibilités de réemploi, de recyclage ou de transformation en circuit court.
- Proposer une feuille de route réaliste pour réduire progressivement les plastiques inutiles, en assurant la sécurité sanitaire.
Elle devra impliquer tous les acteurs : les professionnels de santé, les acheteurs hospitaliers, les fabricants de dispositifs médicaux, les collectivités, les agences de santé, les patients eux-mêmes. Ce ne sera pas simple. Mais c’est indispensable.
Conclusion : Un impératif sanitaire, écologique et économique
Ce combat contre le plastique n’est pas accessoire. Il est central. Car il touche à notre santé, à celle des générations futures, à la préservation des ressources naturelles, mais aussi à la soutenabilité financière de notre système de soins.
Face à cette urgence, ne rien faire coûte plus cher qu’agir.
La France, pionnière en matière de RSE en santé, doit montrer la voie. Il est temps d’engager une transition vers des soins plus sobres, plus durables, plus intelligents.
La question n’est plus « peut-on s’en passer ? » mais « comment faire autrement, mieux, et ensemble ? ».
Olivier TOMA
Fondateur de Primum Non Nocere®




